Thérapie de couple à Munich : Vance, Merz, Macron, et Rubio en quête d’amour transatlantique ?
Il y a un an, quelques semaines après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, le vice-président JD Vance jetait un froid glacial lors de son discours à la Conférence de Sécurité de Munich, en accusant l’Europe d’être son propre ennemi :
« La menace qui m'inquiète le plus concernant l'Europe, ce n'est pas la Russie, ce n'est pas la Chine, ni aucun autre acteur extérieur (…) C'est le renoncement de l'Europe à certaines de ses valeurs les plus fondamentales, des valeurs qu'elle partage avec les États-Unis d'Amérique. » – JD Vance
Ce vendredi 13 février – il ne fallait pas être superstitieux – Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont succédé à la même tribune pour lui répondre. Face aux coups de pression répétés de leur allié américain tout au long de l’année (tarifs douaniers, gestion pro-russe du conflit ukrainien, fixette sur le Groenland), les deux leaders ont fait front commun pour défendre les valeurs et la puissance économique et militaire de l’Europe. Mais derrière cette unité de façade, ils ont proposé des visions divergentes pour l'avenir de notre continent et de l’alliance transatlantique.
Le lendemain – pour la Saint-Valentin – le Secrétaire d’État Marco Rubio s’est exprimé à son tour. S'il a adopté un ton plus cordial que le vice-président un an plus tôt, face à une audience qui s’attendait au pire, il n'a pas remis en cause les critiques principales de l’administration Trump à l’égard du continent européen : déclin de la civilisation occidentale, dérive anti-démocratique et sous-investissement militaire.
Dans cette édition, je vous propose donc une thérapie de couple géopolitique. Est-ce que ces quatre hommes peuvent, ou doivent, encore raviver la flamme de la relation transatlantique, malgré leurs nombreux points de discorde ? Et si le divorce est déjà acté, les Européens sont-ils suffisamment unis et préparés pour s’extirper de cette relation complexe – qui a dit toxique ? – et construire seuls leur avenir ?
Avant de commencer, qu’est-ce que la Conférence de Sécurité de Munich ?
En apparence, la Conférence de Sécurité est une convention professionnelle comme les autres. Sauf qu’à Munich, ce ne sont pas des geeks qui se réunissent comme au CES à Las Vegas, mais des leaders politiques, des militaires haut gradés en uniforme et des diplomates qui se retrouvent chaque année depuis 1963 pour parler – vous l’aurez compris – de sécurité.
Sur trois jours, la salle principale de l’Hôtel Bayerischer Hof accueille les discours de premier plan. Certains ont marqué l’histoire, comme celui de JD Vance l’an dernier donc, ou de Vladimir Poutine en 2007. D’autres, comme celui de Friedrich Merz cette année, peut-être moins – première balle perdue de cette newsletter. Une grande partie de la conférence se joue aussi dans les couloirs et les salons privés de l’hôtel, où les délégations des différents pays se parlent, tentent de se comprendre, et croisent les journalistes avides d'indiscrétions.
Entre Européens et Américains : qui veut rompre, qui veut rester ensemble ?
Commençons notre thérapie de couple par une présentation de ce ménage à quatre, et ce qui amène chacun de ces leaders à s’épancher devant le monde entier sur leur insatisfaction conjugale ?
JD Vance : le gas-lighter décomplexé
Après avoir accusé l’Europe de n’être presque plus une démocratie – on apprécie d’autant plus le feedback quand il vient du vice-président de Donald Trump – JD Vance épinglait ses alliés européens un par un dans son discours :
« Je regarde Bruxelles, où des commissaires européens ont averti les citoyens qu'ils avaient l'intention de couper les réseaux sociaux en période de troubles civils (…) Ou encore ce pays même [l'Allemagne], où la police a mené des perquisitions contre des citoyens soupçonnés d'avoir posté des commentaires antiféministes en ligne (…) Je regarde la Suède, où il y a deux semaines, le gouvernement a condamné un militant chrétien pour avoir participé à des autodafés du Coran qui ont entraîné le meurtre de son ami (…) Et peut-être plus inquiétant encore, je regarde nos très chers amis, le Royaume-Uni, où le recul de la liberté de conscience a placé les droits fondamentaux des Britanniques religieux, en particulier, dans le collimateur. » – JD Vance
On peut donc assez facilement ranger le vice-président américain parmi ceux qui veulent rompre au sein du couple, ou a minima avec ses partenaires européens actuels. D’autant que JD Vance a joint le geste à la parole le jour même en pleine campagne électorale, en snobant le chancelier Olaf Scholz et le candidat Friedrich Merz, pour rencontrer Alice Weidel, la patronne de l'AfD (l’extrême droite allemande) : une ingérence américaine inédite dans la politique nationale d’un allié en Europe. Un mois plus tard, dans un échange Signal qu’il pensait privé avec son collègue Pete Hegseth, le Secrétaire à la Défense, il ne mâchait pas ses mots davantage :
« J'ai horreur de devoir encore sauver la mise aux Européens. » – JD Vance
Bref, cet homme semble prendre un malin plaisir à malmener ses partenaires européens, de préférence dans leur propre pays – comme Keir Starmer a pu l'expérimenter en direct à peine deux semaines plus tard. En bon gas-lighter, JD Vance nous assure que ses critiques sont pour le bien des populations européennes qu’il juge opprimées par l’immigration de masse, la censure et des décennies d’errances politiques. Il semble que les Italiens aient déjà une première réponse pour le vice-président, qui a été copieusement hué à Milan lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’Hiver.
Emmanuel Macron : le célibataire endurci
À l’autre extrême, le président français continue de marteler la même vision depuis son premier mandat : l’autonomie stratégique. En clair, l’Europe doit pouvoir assurer seule sa défense, sans l’aide des États-Unis. Si cette idée passait pour une obsession française en 2017, les événements récents ont fini par convaincre certains leaders, et une majorité de la population en Europe, de se rallier à cette doctrine du célibat transatlantique. Macron a d'ailleurs souvent élargi le concept depuis, prônant désormais une autonomie bien plus large.
« Pour disposer de tous les attributs de la puissance – dans la défense, la technologie et la réduction des risques vis-à-vis de toutes les grandes puissances – nous devons être beaucoup plus indépendants (…) Cela doit s'appliquer à l'ensemble de la chaîne de valeur : de l'intelligence artificielle au cloud, en passant par les terres rares, l'espace, les technologies propres, jusqu'aux industries de défense et à la conception des armements. » – Emmanuel Macron
Un discours ambitieux et axé sur la fierté européenne qui a séduit, si l’on se fie à l'applaudimètre, une grande partie de la salle à Munich. Mais le président français se heurte à une réalité féroce : ses relations avec le chancelier allemand n’ont fait que se dégrader en 2025 tant ces deux-là multiplient les sujets de désaccord comme l'emprunt commun, l'utilisation des actifs russes, ou la construction d'un avion de combat européen (SCAF). Si Emmanuel Macron préfère une Europe seule que mal accompagnée, par l’allié américain, il oublie qu’aucun de ses homologues européens, le chancelier allemand en premier, ne peut se laisser séduire par le discours d’un célibataire endurci qui s’exprime sans filtre, en croyant briser les « tabous » inutiles du couple en public. Du coup, l’Allemagne de Friedrich Merz se rapproche de l’Italie de Giorgia Meloni, et le couple franco-allemand s’efface peu à peu.
Friedrich Merz : le dépendant affectif
Pour le chancelier allemand, l’Europe doit rester réaliste avant tout. Elle doit préserver la relation avec le partenaire américain à court terme car elle n’est tout simplement pas encore prête à assumer le coût d’un divorce :
« La restructuration du monde par les grandes puissances s’opère plus rapidement (…) que notre propre capacité à nous renforcer. Je ne suis donc pas convaincu par ceux qui demandent automatiquement à l’Europe de tirer un trait sur les États-Unis en tant que partenaire (…) je comprends l'inquiétude et les doutes qui mènent à de telles affirmations, et j'en partage certains. Pourtant, ces revendications n’ont pas été mûrement réfléchies. » – Friedrich Merz
Et voilà Emmanuel Macron rhabillé pour l’hiver. Pour autant, le chancelier allemand a aussi eu le courage de répondre à l’ingérence du vice-président JD Vance, en dénonçant une guerre culturelle qui n’aurait pas sa place sur notre continent :
« Un fossé s'est creusé entre l'Europe et les États-Unis. Le vice-président JD Vance l'a dit très ouvertement ici même, à la Conférence de sécurité de Munich, il y a un an. Et il avait raison. La guerre culturelle du MAGA aux États-Unis n'est pas la nôtre. Ici, la liberté d'expression s'arrête là où les propos portent atteinte à la dignité humaine et à notre loi fondamentale. » – Friedrich Merz
Il a ensuite rappelé à l’allié américain, malgré sa confiance en apparence illimitée, l’importance réciproque de l'alliance transatlantique :
« Même les États-Unis atteignent les limites de leur propre puissance s'ils font cavalier seul. Les stratèges du Pentagone en sont parfaitement conscients. L'OTAN n'est pas seulement notre avantage compétitif, mais aussi, chers amis américains, le vôtre. » – Friedrich Merz
C’est cet équilibre difficile que le chancelier allemand tente de maintenir en permanence. D’un côté, déployer la diplomatie nécessaire pour repousser les critiques et la pression américaine, que ce soit sur les sujets de sécurité ou dans la guerre commerciale des tarifs douaniers par le président Trump, sans jamais briser la relation. De l’autre, ne pas s’isoler encore davantage en Europe, en apparaissant à la fois comme l’économie décisionnaire du continent à Bruxelles – où rien ne se fait sans les Allemands – sans être assez courageux pour la défendre, en soutenant clairement la préférence européenne par exemple.
Friedrich Merz est donc le dépendant affectif du couple Europe/États-Unis, prêt à beaucoup de sacrifices pour maintenir la relation et peu d’imagination pour penser un avenir meilleur, malgré la puissance économique de son pays.
Marco Rubio : le love bomber qui nous veut du bien
Le Secrétaire d’État, lui aussi, veut bien rester associé à l’Europe, mais à plusieurs conditions.
D’abord, que les Européens reconnaissent leurs égarements et acceptent la position de leader des États-Unis dans cette nouvelle relation :
« Nous ne voulons pas que nos alliés tentent de justifier un statu quo défaillant, au lieu de se confronter à la réalité de ce qu'il faut faire pour le réparer (…) Je suis ici aujourd'hui pour le dire clairement : l'Amérique ouvre la voie à un nouveau siècle de prospérité. Et une fois de plus, nous voulons le faire avec vous, nos précieux alliés et nos plus vieux amis. » – Marco Rubio
Ensuite, que l’Europe accepte le feedback de son partenaire américain – à sens unique bien sûr – encore une fois, comme JD Vance, parce que cette administration tient beaucoup à nous :
« C'est pourquoi nous, Américains, pouvons parfois donner l'impression d'être, euh… un peu directs et pressants dans nos conseils. C'est pourquoi le président Trump exige du sérieux et de la réciprocité de la part de nos amis ici en Europe. La raison, mes amis, c’est que nous nous soucions profondément de votre avenir et du nôtre. Et si, parfois, nous sommes en désaccord, nos différends naissent de notre profonde inquiétude pour une Europe (…) Nous voulons que l'Europe soit forte. » - Marco Rubio
Marco Rubio semble être le dernier représentant de l'administration Trump à accepter une forme de dialogue avec l’Europe, sans provocation excessive. Pour autant, les causes de son désamour sont toutes aussi profondes et culturelles que celles de JD Vance. Dur alors d’envisager le retour à une relation saine au sein du couple transatlantique.
Les faux duos Good Cop, Bad Cop
Si on pourrait croire que JD Vance et Emmanuel Macron sont prêts à acter le divorce et faire un grand saut dans l’inconnu du célibat transatlantique, tandis que Marco Rubio et Friedrich Merz tentent de sauver une relation dysfonctionnelle, la réalité de ce ménage à quatre est bien plus complexe… Au-delà de cette répartition des rôles, il ne faut pas oublier quelques tensions internes.
Côté américain : la guerre de succession est – presque – déjà déclarée
Comme Donald Trump ne pourra pas se représenter – s'il respecte la Constitution – Marco Rubio et JD Vance sont tous les deux de très probables candidats à la prochaine présidence américaine. Ils sont donc bien plus en compétition qu’en coopération à la Maison Blanche. Leurs discours respectifs n’étaient donc pas destinés seulement aux Européens mais aussi, et surtout, aux Américains, à quelques mois des midterms (les élections de mi-mandat) en novembre.
Côté européen : le bal des canards boiteux
En Europe, l'ambiance est à la fin de règne. Emmanuel Macron et Friedrich Merz sont ce qu'on appelle des lame ducks (canards boiteux) en politique.
En France, Emmanuel Macron est en fin de mandat et – presque – au plus bas dans les sondages. Depuis l'échec de sa décision de dissoudre l'Assemblée en 2024, les gouvernements se sont enchaînés, plongeant le pays dans une instabilité politique inédite pour la Cinquième République – une fragilité dont tous ses partenaires internationaux ont pleinement conscience.
En Allemagne, Friedrich Merz, bien que devenu chancelier seulement l’an dernier, est déjà très fragilisé. Il a été élu dans la douleur au Bundestag, l'assemblée parlementaire fédérale allemande, après un premier vote raté humiliant. À 70 ans, sa candidature à sa propre succession reste très hypothétique.
Ce sont donc deux hommes politiquement faibles qui veulent dessiner le futur d’une Europe forte alors que l’extrême droite dans leurs pays respectifs, le Rassemblement National (RN) en France et l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui est au plus haut dans les sondages, promet justement de défaire ou limiter drastiquement la construction européenne.
Après la thérapie, quel avenir pour la relation transatlantique ?
Sur le terrain de la guerre culturelle, les critiques de JD Vance et Marco Rubio à l’égard de l’Europe sont trop violentes, trop publiques et trop existentielles pour envisager autre chose qu’une rupture, au moins temporaire, entre Washington et les dirigeants européens actuels. Si ce désaccord fondamental pourrait disparaître sous une présidence démocrate en 2028, l'hypothèse d'une nouvelle victoire républicaine porterait très probablement JD Vance ou Marco Rubio au pouvoir pour quatre voire huit ans. Inutile donc, pour l'instant, de parier sur un simple retour à la normale.
En Europe, le scénario ouvertement soutenu par JD Vance serait une victoire généralisée de l’extrême droite. Pour notre continent, cela impliquerait d’être dirigé par une famille politique dont la volonté est de réduire la construction européenne à néant, avec pour résultat inévitable de créer des nations d'une extrême faiblesse, en plein retour des empires – je suis curieux de savoir comment le RN et l’AfD auraient géré la crise au Groenland.
Sur le terrain de la guerre commerciale, nous avons besoin que les leaders européens, le couple franco-allemand en tête, s'accordent en amont sur une stratégie pour répondre à de potentielles nouvelles menaces de tarifs douaniers des États-Unis de Donald Trump, mais aussi à celles de la Chine sur les terres rares ou le dumping des plateformes (Shein, Temu, Alibaba). Cela implique de se comprendre et d’accepter des compromis réciproques – Mercosur contre emprunt commun ?
Sur le terrain de la guerre tout court, si l’Europe est devenue le premier soutien financier de l’Ukraine, l’aide militaire peine à compenser le retrait américain. Pire encore, après quatre années depuis le début du conflit, les programmes d’armement communs (char MGCS et avion de combat SCAF) sont plus que jamais au point mort. Faute d'une accélération réelle des cadences industrielles, ou par manque de courage politique, de nombreux leaders européens continuent de préférer l'achat d'équipements américains. Comment justifier ce retard et ces décisions alors que le soutien des populations pour une autonomie stratégique européenne ne fait que se renforcer ?
Est-ce que l’Europe doit rompre avec les États-Unis ?
Je pense que la meilleure stratégie est de rompre avec les États-Unis, mais sans leur dire.
Pour l’administration Trump, l’Europe ne sera jamais l’égale des États-Unis au sein du couple transatlantique. Ni aujourd’hui, ni demain. Elle restera, au mieux, un vassal privilégié. Et encore une fois, rien ne garantit qu’une future administration verra les choses différemment.
Cependant, rompre publiquement ne nous apporterait aucun avantage stratégique. Nous ne sommes tout simplement pas prêts à quitter cette relation toxique, au vu de nos multiples points de dépendance :
- Numérique : qu'il s'agisse de nos smartphones, de nos ordinateurs, des systèmes d’exploitation, du stockage cloud ou des outils d’IA, nos vies numériques, tant personnelles que professionnelles, sont quasi intégralement contrôlées par les géants américains.
- Défense : la sécurité du continent (à l’exception de la France) repose encore sur le parapluie nucléaire américain. À cela s'ajoutent une subordination technologique pour l'armement de pointe (F-35, Patriot) et une dépendance au renseignement des agences américaines.
- Finance : chaque transaction en dollar, même hors des États-Unis, place nos entreprises sous la juridiction américaine (c’est ce qu’on appelle l‘extraterritorialité du droit américain) et la quasi-totalité de nos paiements quotidiens transitent via les réseaux américains Visa et Mastercard – qui peuvent être coupés en quelques heures, comme ce fut le cas avec la Russie.
- Énergie : en diminuant drastiquement nos importations de gaz russe après le début du conflit en Ukraine, nous avons basculé vers une dépendance au gaz naturel liquéfié (GNL) américain, systématiquement vendu au plus offrant. Contrairement à un gazoduc physiquement relié à l’Europe à l'arrivée, un méthanier quittant le Texas ou la Louisiane pour l’Europe peut être détourné vers l’Asie en plein trajet si les prix y deviennent plus attractifs.
Ces dépendances majeures expliquent la prudence et le réalisme du chancelier allemand à la dernière Conférence de Sécurité et nous donnent un aperçu des conséquences dévastatrices pour l’Europe d’une rupture publique et brutale avec l'allié américain.
Il est donc indispensable, en revanche, que nous préparions dès maintenant l’après-rupture en investissant massivement dans le développement de nos infrastructures numériques, financières, militaires et énergétiques souveraines. Et cela implique nécessairement de recourir à la préférence européenne et, a minima, de réfléchir au recours à l’emprunt commun. C'est sur cet objectif et ces moyens que je rejoins Emmanuel Macron.
Enfin, cette ambition d'autonomie stratégique doit aussi s'accompagner d'une quête de nouveaux partenaires (Mercosur, Inde, Canada). La séduction, voilà un talent français qui serait bien plus utile à l’Europe – et un rôle parfait au sein du couple franco-allemand – plutôt que de multiplier les querelles en public et dans la presse.
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